Centrafrique : Les groupes armés font leur retour dans le gouvernement

Centrafrique : Les groupes armés font leur retour dans le gouvernement

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BANGUI, 13 septembre 2017 (RJDH)—Le remaniement annoncé à demi-mot par le chef de l’Etat le 13 Aout, est acté le 12 septembre 2017. Les groupes armés ont été rappelés dans l’équipe tandis que le président renouvelle sa confiance à son ami Simplice Mathieu Sarandji.

Quelques leaders des groupes armés reviennent aux affaires après une période d’absence au gouvernement. Présenté comme un gouvernement de rupture, le gouvernement Sarandji 1 était fermé aux groupes armés alors que Faustin Archange Touadera envisageait un DDRR négocié avec eux. Sa main tendue pourra permettre une accalmie surtout que 14 préfectures sur 16 sont contrôlées par les bandes armées ?

C’est une équation difficile à résoudre du moins pour l’instant. Le clin d’œil de Faustin Archange Touadera aux groupes armés intervient alors que Noureddine Adam et Abdoulaye Issène tous du FPRC exigent la tenue d’un dialogue politique inclusif.

Cette ouverture ne concerne pas seulement les groupes armés, elle est orientée aussi vers les alliées d’entre les deux tours des élections présidentielles de 2015-2016. C’est ce qui justifie le nombre des portefeuilles qui augmente de 47,05%  soit 16 ministres de plus.  Parmi ceux, on peut compter 5 femmes représentant 14,70%, loin des 35% voulu par la loi sur la parité promulguée par Touadera et dont le décret d’application est toujours attendu.

Outre les groupes armés, Faustin Archange Touadera revêt sa tenue d’acrobate et tacle ses alliés en remerciant Joseph Yaketé, au même moment Ange Maxime Kazagui, un des candidats malheureux à la présidentielle fait son entrée dans le gouvernement Sarandji 2.

Certains leaders politiques de l’opposition se sont vus court-circuiter par Faustin Archange Touadera. Leurs cadres dissidents ont été reconduits. C’est le cas de Justin Gourna Nzako en froid avec Nicolas Tiangaye de la CRPS et Jean Christophe Nguinza en relation difficile avec le président de son parti RPR Alexandre Ferdinand Nguendet. Touadéra veut par-là maintenir le doute et la division dans ces deux partis politiques qui ont quitté la majorité présentielle pour carence de résultat.

Le président Touadéra nomme son deuxième gouvernement après un an et six mois de pouvoir. Si l’annonce de ce remaniement ne fait aucune surprise, le maintien de Simplice Mathieu Sarandji au poste de premier ministre est une surprise pour l’opinion nationale voire internationale.

RDJH