Centrafrique : Un comité de trois organes pour absorber les fonds promis...

Centrafrique : Un comité de trois organes pour absorber les fonds promis à Bruxelles

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BANGUI, le 8 Novembre 2016(RJDH)—Trois semaines après la table ronde de Bruxelles, le Ministre du Plan Félix Moloua a présenté la structure d’absorption de fonds à savoir : Un organe politique dirigé par Touadera, un organe de décision où siègent les partenaires et un secrétariat technique permanent pour faire le rapport et mesurer le niveau de décaissement des fonds. Précision apportée dans une interview que le Ministre du Plan a accordée au RJDH hier,07 décembre à Bangui.

RJDH : Monsieur Félix Moloua Bonjour !

Felix Moloua :Bonjour monsieur le journaliste.

RJDH : Vous venez de présenter devant la représentation nationale les grands axes du projet de Loi de finances 2017. Pouvez-vous nous dire quels sont les grands axes de document ?

FM : Le projet de Loi que je viens de présenter en lieu et place de mon collègue des Finances présente en termes de besoins et de dépenses, je crois que pour la Loi de finance, le montant qui a été estimé par le Ministère des finances prend en compte toutes les préoccupations et s’élève autour de 191 milliards et c’est un montant qui a été revu à la hausse compte tenu de tous les défis que nous avons. Maintenant les dépenses, vous savez que nous sommes en période de crise et les défis sont énormes et je sais que par rapport à 2016, ce niveau est élevé et passe de 174 milliards à 191 milliards de Francs CFA.

Ce projet de Loi de finances présente toutes les opportunités pour mobiliser les ressources du point interne et externe, notamment en termes de don sur les projets, ainsi que de l’aide budgétaire avec l’appui de nos partenaires traditionnels aussi tous les efforts qui doivent être consentis pour mobiliser les ressources domestiques, c’est-à-dire internes.

Voilà donc la grande structuration de la Loi de finances de 2017. Mais ce qu’il faut donc avouer, c’est que le ministère des Finances a fait un travail exceptionnel pour qu’à ce jour, le projet de Loi soit sur la table de l’Assemblée Nationale. C’est un effort par rapport aux nouvelles dispositions au niveau de la communauté économique régionale, c’est-à-dire au niveau de la CEMAC. Il y a des réformes et le Ministère des Finances a tenu compte pour respecter cela  et respecter les engagements du Fonds Monétaire International (FMI). Ce document est donc soumis à examen et j’espère que mon collègue sera là, pour rentrer dans les détails afin de répondre aux préoccupations que pourraient soulever les Députés.

RJDH : Monsieur le Ministre, vous avez évoqué la mobilisation interne qui nous fait penser à la fiscalité et à l’impôt. Pouvez-vous nous dire si l’impôt de capitation est aussi consigné dans le budget ?

FM : A ma connaissance pour le moment, il n’en est pas question. Il y a d’autres opportunités pour agrandir l’assiette fiscale, il faut d’abord commencer à couvrir toutes les zones. Vous savez que nous pouvons faire plus si la sécurité revient sur toute l’étendue du territoire. Je crois que cela permettra au Ministère des Finances et aux régis financières de pouvoir mobiliser assez de ressources domestiques. En tout cas, si on arrive à augmenter le niveau de ces ressources domestiques, je crois que nous pourrions réduire le gap. C’est vrai que nous comptons sur l’appui extérieur, mais il faudrait, pour des efforts durables compter sur nos ressources propres. Nous avons des possibilités pourvu que nous fassions tous des efforts en faveur de la paix et de la sécurité sur tout le territoire.

RJDH : le Président Faustin Archange Touadera a annoncé la mise en place d’un comité d’absorption de fonds sans proposer un contenu réel de ce comité. Comment allez-vous faire pour mobiliser les ressources annoncées par les partenaires au développement de la RCA ?

FM : le Président de la République a répondu aux préoccupations de la communauté internationale qui n’a sans cesse manqué de lui poser la question sur notre capacité d’absorption de ces ressources. Effectivement, ce n’était pas au lendemain, mais c’est une première réponse. Donc un signal fort qui prouve toute la volonté du Chef de l’Etat pour être à la hauteur de l’utilisation des ressources qui pourraient provenir des annonces de Bruxelles.

Le problème n’est pas au niveau du contenu, c’est un dispositif qui est structuré qui a donc trois organes. Premier organe sera piloté par le Chef de l’Etat et qui va traiter les questions purement politiques.

Le second panier, c’est un organe de décision, donc un comité directoire conjoint qui réunira tous les partenaires qui ont fait des annonces et le troisième organe c’est le secrétariat politique permanent. C’est ce secrétariat qui aura le devoir de donner la visibilité sur ces ressources et comment rendre compte et se passer des annonces au décaissement pour nous permettre d’avoir des rapports sur l’exécution des actions contenues dans le plan.

Maintenant c’est de rendre opérationnel ce secrétariat politique permanent et c’est dans ce sens-là qu’automatiquement après Bruxelles, il faut relever que la communauté internationale a décidé de nous accompagner et continue de faire preuve de cet accompagnement. Car aussitôt après Bruxelles la Banque Mondiale a accepté de mobiliser les ressources pour recruter un consultant international devant nous aider à mettre en place ce secrétariat technique permanent.

Une fois que le travail en train d’être fait, une fois que les termes de références sont clairement définis pour le suivi des annonces de Bruxelles et la mise en œuvre du Plan de Relèvement et de Consolidation de la Paix, pour la coordination il faut communiquer autour de ces actions. Nous pourrons avoir le profil des compétences devant travailler dans ce secrétariat politique permanent. Et c’est ce travail que nous sommes en train de faire parce que ce secrétariat technique va pouvoir nous alerter et nous mettre à dispositions des éléments de décision ou s’il y a des blocus quelque part, nous seront avec tous les partenaires au niveau du comité directoire technique pour nous pencher sur les obstacles et pour les lever d’une manière rapide les ressources. Donc ce n’est pas question de contenu. Nous savons ce qu’il faut faire, il faudrait donner la forme et recruter les compétences dans ce secrétariat technique permanent et c’est ce travail qui a déjà commencé. D’ici peu, le consultant international sera en place, nous allons travailler et il y aura un premier draft d’ici la fin de la semaine.

RJDH : Lors de la table ronde de Bruxelles, certains partenaires n’ont pas répondu à l’appel ou fait des annonces. Nous voulons citer la CEEAC, l’Union Africaine qui comptent organiser sa table ronde en faveur de la RCA, alors quel est le niveau d’engagement et de collaboration entre vous et ces institutions ?

Il ne faut pas dire cela. Dès le début de l’élaboration de ce Plan de Consolidation et de Relèvement de la Paix, toutes ces institutions étaient impliquées. Elles font bien partie du comité directeur conjoint dont j’avais la présidence et c’est avec tous ces représentants que nous avons travaillé. Et à Bruxelles, l’Union Africaine et la CEEAC ont pris la parole. Au niveau africain, la CEEAC fait partie de notre communauté économique régionale avec qui nous sentons la solidarité africaine déjà. Donc on ne va pas dire qu’ils vont faire leur chose à part. Maintenant, pour démontrer cette solidarité, l’Union Africaine a souhaité et envisagé organiser son prochain Sommet, une réunion avec tous les pays africains, pour apporter un appui à la République Centrafricaine et cela est un plus qui témoigne à suffisance que nous ne sommes pas seuls. Car, non seulement les pays africains sont derrière nous mais toute la communauté internationale est avec nous.

RJDH :Joseph Bendounga, président du MDREC dans une interview accordée au RJDH a affirmé que vous avez balbutié devant les partenaires lors de cette table ronde Bruxelles. Qu’en dites-vous ?

FM :Ah je l’ai pas vu à Bruxelles, je ne sais pas de qui il tire cette information, cela n’engage que lui. Je ne crois pas qu’on est au niveau de ce genre d’analyse. Je crois qu’il a lui-même lu ce document et ce qu’il contient. Ce n’est pas qu’à Bruxelles que j’ai présenté ce document, je l’ai présenté à New-York, à Washington, à Yaoundé et un peu partout. Depuis les présentations que j’ai faites, c’est la première fois que et cela ne vient pas de l’extérieur mais c’est des gens qui parfois ne sont pas au niveau de l’information qui racontent cela. Aujourd’hui, nous savons qu’il y a eu des annonces et la communauté internationale est mobilisée pour nous appuyer autant qu’on se mette ensemble. Moi je voudrai bien le rencontrer pour qu’on en discute, j’ai besoin des idées.

RJDH : Il a demandé un large consensus autour des retombés de Bruxelles que répondez-vous ?

FM :Quelle rencontre consensuelle ? Pour parler de quoi exactement ? Il faut qu’on se le dise, on a toutes les informations qui sont là. Après Bruxelles nous avons tenu une conférence de presse avec tous les partenaires, il faut écouter ce qu’ils disent. La population a besoin des réponses urgentes et d’abord nous avons commencé à travailler avant même d’aller à Bruxelles. Je crois qu’après l’investiture du Président, à mon premier déplacement à Bruxelles au mois d’avril, la communauté internationale a commencé à se mobiliser pour dire que la population centrafricaine doit bénéficier de la dividende de démocratie. Et c’est ainsi qu’avant Bruxelles, des actions sont déjà menées sur le terrain. J’ai été sur le terrain et lancé plusieurs projets de réhabilitation des infrastructures scolaires et routières. Et on a bien d’autres choses à faire et nous nous sommes  convenus avec les partenaires pour aller de l’avant. L’heure n’est pas à la théorie pour se lancer des flèches et si ce monsieur veut contribuer, qu’il apporte des éléments. La preuve : si cela ne n’était pas bien perçu, on n’allait pas avoir ce niveau d’engagement et de promesses.

RJDH : M le ministre je vous remercie !

FM : c’est à moi de vous remercier

Propos recueillis par Jean Fernand Koena

RDJH

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