Mali, Centrafrique, Irak et Syrie : les guerres du général Hollande

Mali, Centrafrique, Irak et Syrie : les guerres du général Hollande

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Retour sur les trois grandes opérations extérieures d’un quinquennat guerrier, et coûteux en vies humaines.

« J’ai engagé nos forces armées au Mali, en Centrafrique, en Irak, en Syrie pour défendre nos valeurs et pour combattre le terrorisme islamiste qui nous avait frappés et qui nous menace encore », a déclaré François Hollande, jeudi soir, dans son discours annonçant qu’il ne briguerait pas de second mandat présidentiel.

Selon l’article 15 de la Constitution de la Vème République, « le Président de la République est le chef des armées. Il préside les conseils et les comités supérieurs de la Défense nationale ». Une prérogative que François Hollande a largement utilisée. Retour sur les trois grandes opérations militaires extérieures de son quinquennat, toutes liées de près ou de loin à la lutte occidentale contre les sources du terrorisme .

Au Mali, l’opération « Serval » pour endiguer l’avancée djihadiste

Le 11 janvier 2013, l’opération française « Serval » débute au Mali, dans le cadre des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. La veille, le président par intérim du Mali, Dioncounda Traoré, avait officiellement requis l’aide de la France après que 1200 djihadistes d’Aqmi, du Mujao et d’Ansar Dine se soient emparés de Konna, une ville du centre du pays. Ces groupes islamistes armés menaçaient de fondre sur le sud du Mali.

Quatre jours plus tard, le 15 janvier, les premières troupes françaises se déploient sur le sol malien : en un mois, 4.000 soldats français arrivent pour soutenir les troupes maliennes. Deux semaines après, le 28 janvier, les armées française et malienne parviennent à entrer dans Tombouctou.

Le 2 février, François Hollande est en visite au Mali où il reçoit un accueil triomphal. Lors de son discours à Bamako, devant une foule en liesse, le président français déclare : « nous devions être là parce qu’il était important de combattre le terrorisme, le terrorisme ici au Mali, le terrorisme en Afrique de l’Ouest, le terrorisme partout. Et agissant ainsi, la France était à la hauteur de son Histoire, de la République, des droits de l’Homme et donc de la démocratie ».

Le 13 juillet 2014, l’opération Serval prend fin et est remplacée par « Barkhane », une opération de lutte contre le terrorisme dans tout le Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad) qui mobilise 4.000 militaires français. Au total, depuis janvier 2013, 18 soldats français sont morts au Mali (9 durant l’opération Serval puis 9 durant l’opération Barkhane).

En Centrafrique, l’opération Sangaris pour empêcher un génocide

Le 5 décembre 2013, François Hollande décide de lancer l’opération « Sangaris » en Centrafrique, là encore sous l’égide des Nations unies.

Du 5 au 8 décembre 2013, alors que l’armée française commence à se déployer, Bangui, la capitale de la République centrafricaine est le théâtre de violents combats entre les Seleka, majoritairement musulmans, et les Anti-balaka, majoritairement chrétiens. Selon Amnesty International, en deux jours, environ 1 000 chrétiens et 60 musulmans sont tués par les combats et les massacres. La situation du pays, plongé dans le chaos et la violence, est alors qualifiée de « prégénocidaire » par de nombreux observateurs.

Le 31 octobre 2016, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian annonce la fin de l’opération militaire française Sangaris . Durant cette opération, qui a compté jusqu’à 2.000 hommes dans ses rangs, 3 soldats français ont perdu la vie. 350 hommes restent toutefois sur place : ils font office de « réserve tactique » au sein de la mission des Nations unies dans le pays.

En Irak et en Syrie, des bombardements aériens mais pas de présence au sol

L’opération « Chammal », qui a débuté le 20 septembre 2014, est le nom donné à la participation des forces armées françaises au sein de la coalition contre l’État islamique lors de la guerre d’Irak.

Elle mobilise les armées françaises en Irak (au total 4.050 hommes) pour assurer un soutien aérien, sans présence au sol, aux forces armées locales dans leur lutte contre le groupe terroriste « Daech ». À partir de septembre 2015, l’opération est étendue au territoire syrien pour y neutraliser des camps d’entrainement de l’État Islamique. Onze autres pays participent aux raids aux côtés de la France : Etats-Unis, Royaume-Uni, Belgique, Danemark, Pays-Bas, Australie, Canada, Arabie saoudite, Jordanie, Emirats arabes unis et Bahreïn.

Le 15 novembre, en représailles aux attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis, 10 chasseurs français effectuent des bombardements massifs en larguant 20 bombes sur Racca. François Hollande exprime ensuite sa volonté d’intensifier les frappes aériennes françaises en Irak et en Syrie.

Ces frappes aériennes suscitent par ailleurs de nombreuses polémiques. En août 2015, un collectif à but non lucratif nommé « Airwars », composé de journalistes et de chercheurs, a identifié 57 incidents vérifiés où des civils ont été tués par les bombardements de la coalition, entre le 8 août 2014 et le 30 juin 2015 : ceux-ci auraient fait entre 459 et 591 morts parmi les civils en Irak et en Syrie. Plus tard, en juillet 2016, la Syrie accusait la France d’avoir tué 164 civils dans un raid en représailles à l’attaque de Nice.

L’armée française est également présente sur d’autres terrains dans le monde. Une présence militaire qui tient au choix des prédécesseurs de François Hollande.

Africatime

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