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Sommet sur la sécurité maritime à Lomé: Appels croisés pour aider les pays du Golfe de Guinée

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S’étendant du Cap-Vert au sud de l’Angola, le Golfe de Guinée est long d’au moins 6.000 km. Il constitue la 7ème réserve mondiale en hydrocarbures, la 9ème réserve planétaire en gaz naturel et est aussi riche en poissons. «Un constat unanime souligne que les actes de pirates se sont massivement déplacés des eaux d’Afrique centrale vers le Golfe de Guinée ces dernières années», informe Cyrille Guemo Atonfack, capitaine de frégate, originaire du Cameroun. Selon des statistiques marines, «1.539 marins de toute nationalité auraient été touchés en 2015 en Afrique par la piraterie dont 152 kidnappés ou retenus en otage, et 23 assassinés».

Des statistiques qui ne dépeignent pas forcément la vraie réalité, car étant grossies, de l’avis de plusieurs spécialistes africains de l’économie bleue en séjour au Togo pour un Sommet panafricain. Le ministre togolais Stanislas Baba (conseiller du Président du Togo sur les questions maritimes) épouse ce point de vue. «Loin de là, le Golfe de Guinée n’est pas la route maritime la plus dangereuse dans le monde; des statistiques le démontrent pour le compte de l’année 2015 (…)», avance ce politique.

Quelle que soit l’ampleur du mal dans le Golfe de Guinée, il est utile de lui opposer une réponse conséquente. «Les réponses globales appliquées pour l’heure au mal de la piraterie en Afrique en général sont des décalques du Code de conduite de Djibouti et de Yaoundé (NDLR : ces Codes sont les deux plus importants consensus africains de lutte contre la piraterie maritime», souligne Cyrille Guemo Atonfack qui est également conseiller technique au Ministère camerounais de la Défense. Au-delà de ces deux Codes, et en attendant l’adoption par les Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement d’une Charte contraignante le 15 octobre 2016 pour réglementer les actes de piraterie sur l’ensemble du continent noir, les travaux de différents experts dans la capitale togolaise convient les Africains à se serrer les coudes contre les pirates.

Un appel de techniciens des questions maritimes qui insiste sur une capitalisation et une amélioration des acquis dont peut se vanter de disposer jusque-là l’Afrique sur les défis maritimes. L’OAMOC (Organisation maritime de l’Afrique de l’ouest et du centre), avec ses 25 pays membres, 41 ans d’expériences, «pourrait se muer en OMA (Organisation maritime africaine), à titre d’exemple, pour accélérer l’efficacité souhaitée en la matière», plaide Alain Michel Luvambano (Chef de mission diplomatique et Secrétaire général de l’OAMOC).

«Les Etats de l’Océan indien disposent depuis le début de cette année 2016 d’un Centre d’informations maritimes qui peut servir de modèle pour tous les autres sous-régions d’Afrique pour plus d’efficacité», suggère de son côté Louis Ranaivoseheno, commandant des forces navales de Madagascar.

Principal partenaire financier de l’UA, l’UE aussi tend la main indirectement aux pays du Golfe de Guinée. L’opération Atalante (opération de l’UE lancée en décembre 2008 et prorogée jusqu’en décembre 2016), aux larges de la Somalie, et qui a permis de démanteler un vaste réseau de pirates, sert de canevas d’aide dans cette optique. Même si, souligne Mme Hélène Cave (coordinatrice principale pour le Golfe de Guinée au Service européen pour l’action extérieure): «L’opération Atalante s’est avérée coûteuse pour être dupliquée en Afrique de l’ouest, mais on peut et doit tirer des leçons de cette opération pour sécuriser le Golfe de Guinée, car ces deux routes maritimes ne sont pas identiques».

Edem GADEGBEKU

abangui

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