RDC: l’opposition suspend à nouveau sa participation au dialogue

RDC: l’opposition suspend à nouveau sa participation au dialogue

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En RDC, le dialogue national devait reprendre vendredi matin 23 septembre après les violences meurtrières du début de semaine. Finalement, nouveau rebondissement, la délégation de l’opposition a annoncé de façon unilatérale une suspension des travaux. Une décision qui a obligé le facilitateur de l’Union africaine à reporter le débat sur le calendrier électoral et à reprendre de nouvelles consultations.

Le dialogue national censé résoudre la crise politique en RDC est à nouveau suspendu. Depuis les violences meurtrières de lundi et mardi, le climat politique est tendu dans le pays.

« Notre communiqué est très clair : nous avons dit que nous consacrions ces jours aux funérailles, a rappelé Vital Kamerhe de l’UNC (Union nationale congolaise) pour justifier le refus de l’opposition de reprendre le dialogue ce vendredi matin. Et en même temps, nous rappelons les exigences qui sont les nôtres pour avoir un bon accord : une période très courte pour l’organisation des élections, essentiellement les élections présidentielles, l’alternance garantie, ça signifie que l’article 70 de la Constitution alinéa premier doit être réaffirmée, que l’actuel président est dans son deuxième et dernier mandat et qu’il ne sera donc pas candidat à l’issue de la période de transition. »

« Pour l’instant, nous sommes en train d’aplanir les divergences en vue de la conclusion de l’accord. Donc il ne m’appartient pas de révéler les points sur lesquels il y a divergence. Mais en tout cas, nous faisons tout pour aplanir ces divergences, harmoniser les points de vue et puis arriver à une position consensuelle », a expliqué She Okitundu, qui conduit la délégation de la majorité. Il n’est pas choqué par la décision de l’opposition. « Je crois que c’est normal, nous sommes dans les négociations. Je peux vous dire que nous sommes optimistes. Ce qui reste à régler est tout à fait mineur », a-t-il lâché.

Etienne Tshisekedi porte plainte

De son côté, le président de l’UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social), Etienne Tshisekedi, a annoncé en personne vendredi après-midi qu’il déposait une plainte contre les responsables des services de sécurité et contre les autorités après les violences de lundi et de mardi qui ont fait selon lui plus de 100 morts.

« J’ai le regret d’annoncer à notre peuple et à l’opinion internationale que j’ai donné mandat au secrétaire général de l’UDPS pour porter plainte contre les auteurs des tueries des journées des 19 et 20 septembre 2016. Et j’espère que la justice congolaise montrera son indépendance en disant le droit », a-t-il déclaré.

Lundi, les violences avaient éclaté en début de matinée en marge d’une manifestation pour signifier à Joseph Kabila son « préavis » à trois mois de la fin de son mandat, et exiger son départ le 20 décembre. Les troubles initiaux, dont autorités et opposition se renvoient mutuellement la responsabilité, ont dégénéré rapidement en émeutes et pillages réprimés par la police et l’armée.

L’opposition se plaint par ailleurs de deux nouvelles arrestations qui, selon leurs familles, seraient déjà en train d’être jugés pour des faits insurrectionnels. L’UDPS de Boujimai parle de 25 militants arrêtés depuis jeudi, douze selon le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme. On ne connaît pas le motif de ces arrestations.

Camps militaires fouillés

Enfin, plusieurs camps militaires ont été bouclés depuis jeudi, Kabila, Kokolo, Boumba entre autres, selon la police. L’objectif serait de retrouver des biens pillés. Un haut responsable congolais parle lui de fouilles en vue de trouver des armes détenues illégalement. Il n’y a pas de bilan pour le moment.

La procureure de la Cour pénale internationale a également mis en garde contre les violences en République démocratique du Congo. Dans une déclaration publiée ce vendredi, Fatou Bensouda « rappelle à tous et à toutes en RDC » qu’elle « surveille avec une extrême vigilance la situation sur le terrain ». La procureure appelle les acteurs politiques au calme et à la retenue, et affirme qu’elle n’hésitera pas « à prendre toutes les mesures qui s’imposent » si des crimes relevant de la compétence de la Cour étaient commis dans le pays.

 

rfi.fr

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