Carburants toxiques en Afrique: une ONG ivoirienne interpelle le gouvernement

Carburants toxiques en Afrique: une ONG ivoirienne interpelle le gouvernement

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Le rapport « Dirty Diesel » de l’ONG Public Eye sur des carburants de qualité inférieure à destination de l’Afrique a un retentissement en Côte d’Ivoire. A Abidjan, où les trois sociétés suisses incriminées sont représentées, une ONG locale a tenu une conférence de presse pour dénoncer cette situation. Le Groupe de recherche et de plaidoyer sur les industries extractives (GRPIE) dénonce le taux anormalement élevé de soufre présent dans les carburants diesel ou essence et demande aux autorités nationales de revoir une législation qu’elle juge obsolète.

En Côte d’Ivoire, la Cop 21, cette grande conférence internationale pour le respect de l’environnement, n’a pas du plomb dans l’aile mais du soufre dans le réservoir… Beaucoup trop de soufre et de particules fines dans les carburateurs des véhicules du pays, qui provoquent quantité de maladies respiratoires, asthme ou cancer.

30 00 35 00 PPM, des mesures particules de soufre dans le litre de diesel, contre 8 à 10 PPM seulement en Europe. Des taux de pollution alarmants, selon les ONG nationales comme le Groupe de recherche sur les industries extractives (GRPIE) et son représentant Patrice Guei. Il demande au gouvernement ivoirien d’agir rapidement pour aligner les normes nationales aux standards internationaux.

« Nous interpellons le gouvernement de pouvoir revoir maintenant sa politique, afin de permettre que le taux de soufre, le taux de produits qui sont mis dans les carburants, soient revus et que cela soit sur la base des normes internationales, les normes européennes ou américaines, respectueuses de l’environnement », insiste Patrice Guei.

L’impact direct sur la santé publique est estimé à 31 000 décès par an. Les efforts de modernisation du parc automobile en Côte d’Ivoire ne servent à rien si les carburants versés dans un réservoir sont toujours aussi polluants et nocifs pour la santé des Ivoiriens.

Les principales sociétés de négoce suisse incriminées en Côte d’Ivoire n’ont pas réagi ou bien nous ont renvoyé vers leurs services de communication à leur siège en Suisse. Les trois sociétés concernées par cette pollution de l’air ivoirien sont Oryx, Vitol/Vivo Energy et Puma/Trafigura.

Trafigura qui, il y a dix ans, s’était déjà permis de déverser des tonnes de déchets toxiques à Abidjan avec son cargo poubelle le Probo Koala.

 

rfi.fr

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