Centrafrique : MSF constate une situation humanitaire loin d’être résolue

Centrafrique : MSF constate une situation humanitaire loin d’être résolue

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BANGUI, 28 juillet 2016 (RJDH)–Après près de deux ans de négociation, l’ONG Médecins Sans Frontières (MSF) a signé lundi dernier un accord de siège avec le Gouvernement Centrafricain, lequel accord définie le cadre juridique de son travail. Selon Thierry Dumont, chef de mission MSF, cet accord est un succès. Cependant, la situation sanitaire en Centrafrique est loin d’être résolue. Il l’a dit ce jeudi 28 juillet 2016 dans une interview accordée au RJDH.

Thierry Dumont qualifie de succès cet accord, après deux années de négociation « c’est un succès pour nous et un grand plaisir de voir que le gouvernement est à nos côtés. Le ministère des Affaires Etrangères nous a témoigné la reconnaissance du gouvernement et son appui », a-t-il souligné.

Pour le chef de mission sortant de MSF, cet accord donne à son organisation un cadre juridique lui permettant d’opérer en Centrafrique dans des bonnes conditions, « nos obligations d’une manière générale sont de délivrer des services médicaux gratuits et de qualité à toute la population sans distinction de race, de religion, de provenance géographique », a-t-il rappelé.

Le chef de mission MSF a aussi fait une lecture sur la situation humanitaire et sanitaire actuelle en Centrafrique, « d’une manière générale, la situation humanitaire en Centrafrique est loin d’être résolue. Nous pensons que la présence des humanitaires est toujours indispensable pour accompagner un processus de redressement », a-t-il fait observer.

Thierry Dumont n’a pas manqué de dévoiler les stratégies mises en place par son organisation, pour combattre la pandémie de la malaria, qui sévit en pic pendant cette saison pluvieuse, « nous prenons en charge gratuitement et systématiquement toutes les personnes, en majorité les enfants de moins de cinq ans. L’autre est celle qui s’appelle les Agents-Palu,  c’est une stratégie avancée, où les gens hors des structures médicales, vont dans les villages, testent  et traitent tous les enfants. La troisième est la stratégie préventive. C’est une chimio prophylaxie qui empêche les enfants de développer les symptômes du paludisme », a-t-il précisé.

Le chef de mission MSF a aussi souligné que les besoins sont encore énormes en Centrafrique, « la Centrafrique consomme le troisième plus gros budget MSF au monde, après la République Démocratique du Congo et le Sud Soudan.  Ce que je souhaite pour ce pays, à la fin de ma mission ici est de retrouver la voie de la paix et que ses enfants aient un avenir qui ne soit pas celui des déplacements mais la route de l’école, de l’université et du travail », a-t-il confié.

MSF travaille en Centrafrique depuis 20 ans. 17 projets sont actuellement mis en œuvre à Bangui et dans plusieurs autres villes de provinces.

RDJH

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