Declaration de son excellence pr. faustin archange touadera president de la republique,...

Declaration de son excellence pr. faustin archange touadera president de la republique, chef de l’etat devant le conseil de securite des nations unies

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Depuis son élection à la magistrature suprême de la RCA, le président Touadera ne ménage aucun effort pour participer aux sommets, débats, colloques et réunions à la fois dans son pays et dans le monde. Alors que sa présence était plus que jamais nécessaire aux côtés du coréen Ban ki Moon, de l’américaine Samatha Power ou du français Jean Marc Heraud pour participer aux négociations de sortie définitive des crises répétitives qui frappent son pays, les mauvais perdants s’agitent. N’ayant pas de solutions alternatives aux démarches louables du président Touadera, ils alimentent des faux débats sur les déplacements et les voyages qui ne sont en réalité que des preuves de la bonne santé de la nouvelle politique diplomatique de la RCA. Pour preuve, lisez attentivement le discours que le président Touadera a tenu devant le Conseil de sécurité et vous remarquerez que la RCA a enfin trouvé un bon avocat défenseur.

• Monsieur le Président,
• Mesdames et Messieurs les Membres du Conseil de sécurité,
• Mesdames et Messieurs,

Cette réunion du Conseil de sécurité vient à point nommé puisqu’elle concerne la question des opérations de maintien de la paix et la protection des populations civiles.

Je pense qu’elle nous donne l’occasion de parler du cas de mon pays la République Centrafricaine qui a sur son sol une force internationale de maintien de la paix et qui assure en même temps la protection des populations civiles depuis un certain temps.

Grâce au soutien de la MINUSCA, EUFOR (puis EUMAM) et de l’opération Sangaris, le Gouvernement de Transition a su rapidement mettre un terme aux atrocités de masse.

L’environnement sécuritaire a été également propice au bon déroulement des consultations populaires, du Forum de Bangui, du référendum et des élections législatives et présidentielles.

Je remercie particulièrement la MINUSCA et l’ensemble du système des Nations Unies pour ses efforts en faveur de la protection des civils sur l’intégralité du territoire, de Paoua à Obo, de Berberati à Birao.

Les effets de ces actions se mesurent notamment par le retour des populations déplacées et réfugiées, qui s’accélère depuis quelques mois, par exemple à Bangui, à Berberati ou encore à Kaga Bandoro.

Malgré ces succès stratégiques, la tâche est immense et les capacités de la mission de maintien de la paix, combinée à celles des forces de sécurité centrafricaine, ne sont malheureusement pas suffisantes à ce jour pour mettre un terme à la violence affectant nos citoyens.

La présence continue des groupes armés, antibalaka ou ex-seleka, mais également de l’Armée de Résistance du Seigneur, pose un défi quotidien à la sécurité des civils.

A cela s’ajoutent les tensions intercommunautaires, y compris des mouvements de transhumance, qui persistent et sont attisées par la présence de ces groupes.

Le Forum de Bangui et les consultations à la base ont accordé une place importante aux victimes, qui ont pu partager leur point de vue, leurs attentes.

Les populations déplacées et les minorités ethniques ou religieuses sont à risque particulier de violences.

Les Femmes et enfants souffrent trop souvent des violences basées sur le genre, ou du recrutement par les groupes armés.

Les réfugiés centrafricains veulent rentrer au pays et souhaitent que cela s’accompagne d’un retour de la justice, de la réconciliation entre communautés, de la liberté de mouvement et de la paix.

Dans un contexte de vulnérabilité accrue des populations, en raison de la chute de la production agricole, des déplacements forcés, de la criminalité rampante et des exactions encore trop nombreuses des groupes armés, nous devons, ensemble, faire plus et mieux pour assurer la protection de la population sur l’étendue du territoire.

Dans l’immédiat, et c’est la priorité numéro un de mon Gouvernement, la Centrafrique a besoin du soutien indéfectible de la communauté internationale, en particulier de la MINUSCA, pour protéger durablement les populations.

C’est pourquoi la protection des civils doit rester le mandat prioritaire de la MINUSCA, et s’effectuer en soutien à l’action du gouvernement.

Pour assurer cette protection, un soutien particulier de la communauté internationale est nécessaire pour équiper et former nos personnels et leur permettre d’assurer leur responsabilité première en matière de protection et de sécurité.

La République Centrafricaine doit avant tout remettre son armée, sa gendarmerie, sa police, mais aussi le système judiciaire et correctionnel, sur pied.

Cela suppose la mise en place de structures opérationnelles, professionnelles et intègres, équipées, formées et représentatives de toutes les franges de la population.

La coordination des opérations sécuritaires doit être renforcée, et la conduite d’opérations conjointes, particulièrement avec les forces de sécurité intérieures, peut permettre dès maintenant à nos forces de bénéficier de capacités d’intervention rapide et de contribuer directement à la sécurité des populations.

Ces opérations permettront d’arrêter les auteurs de crimes de masse, ainsi que les criminels ou membres de groupes armés qui continuent à violer les droits des citoyens.

Ces opérations sécuritaires doivent s’effectuer en soutien à un processus politique privilégiant les solutions politiques, le DDRR et la RSS, afin de contenir et réduire progressivement la présence et l’action négative des groupes armés.

Nos efforts sécuritaires conjoints, pour avoir un impact durable, doivent bien entendu être soutenus et prolongés par un travail continu en vue de la réconciliation nationale, de la justice et de la lutte contre l’impunité, et plus largement de la restauration de l’autorité de l’Etat et la promotion des droits de l’homme sur l’ensemble du territoire.

Ces actions visant à l’établissement d’un environnement protecteur doivent continuer à figurer en priorité dans le mandat de la MINUSCA, et être mises en œuvre en priorité dans les zones ou l’insécurité perdure.

• Monsieur le Président,

Le déploiement de l’administration sur l’ensemble du territoire national est plus qu’indispensable pour offrir les services sociaux de base à la population, afin de contribuer réellement à la réconciliation nationale et à la restauration de l’autorité de l’État, ainsi que des réponses à la marginalisation qui alimente les cycles de crises du pays.

Le gouvernement a la volonté d’engager une réforme majeure de la politique de décentralisation pour aider la population à se mieux gouverner, en affirmant sa présence sur l’ensemble du territoire sans exclusion et répondre aux besoins fondamentaux des citoyens centrafricains.

A ce stade je tiens à témoigner la gratitude du Gouvernement à la communauté internationale, pour les appuis apportés dans le cadre de la restauration de l’Autorité de l’Etat.

Ce soutien a permis le redéploiement de 16 Préfets, 71 sous-préfets et 174 membres des délégations spéciales ainsi que 425 fonctionnaires (cadres) travaillant dans les services sociaux dont 70% sont dans le secteur de l’éducation.

Cependant, je relève que dans le cadre de la restauration de l’autorité de l’Etat et de la protection des populations civiles en RCA, le renforcement des capacités fonctionnelles et opérationnelles de la Police et de la Gendarmerie demeure également une priorité.

Dans cette perspective, les forces de sécurité intérieure, avec l’appui de la composante Police MINUSCA, ont élaboré un plan de renforcement des capacités et de développement qui mérite d’être mis en œuvre.

• Monsieur le Président,

Je voudrais, ici, insister sur les initiatives du Gouvernement à engager tous les centrafricains sur la voie de la réconciliation et du pardon, tout en gardant à l’esprit que la justice doit être rendue afin de lutter contre l’impunité et promouvoir les droits de l’homme.

En combinant le renvoi à la Cour pénale internationale (CPI) et la création d’un mécanisme national spécifique renforcé, la République Centrafricaine vient d’ouvrir une voie nouvelle en matière de lutte contre l’impunité.

Mais, il est important que la communauté internationale mette à notre disposition, dans les meilleurs délais, des Experts et des Magistrats internationaux, dotés d’une véritable expérience en matière de poursuites des crimes les plus graves.

Par, ailleurs, la création imminente d’une Commission Nationale des Droits de l’Homme conformément aux standards internationaux, permettra à mon pas de franchir une étape cruciale dans ce domaine.

En outre, la mise en place de la Commission Vérité, Justice, Réconciliation et Réparation (CVJRR) recommandée lors du Forum de Bangui, permettra aussi au pays d’établir les fondements d’une paix durable.

• Monsieur le Président,

L’assainissement des finances publiques et la réforme des secteurs productifs seront parmi des grandes affaires de cette nouvelle mandature présidentielle.

Il s’agira d’une vaste réforme des régies financières pour accroitre les ressources de l’Etat, les sécuriser et de maitriser les dépenses publiques. Aussi, une lutte sans merci sera menée contre la fraude, la corruption, les détournements de derniers publics et la concussion.

Le Gouvernement entend dans, le même élan relancer les secteurs productifs (agriculture, commerce, énergie, investissement privé étranger, partenariat public/privé etc.) pour relancer la croissance et assurer non seulement la sécuritaire alimentaire mais aussi l’accroissement des exportations et la réduction des importations.

Des mesures sont envisagées au plan social pour lutter contre le chômage, améliorer la professionnalisation du système éducatif, l’accès aux soins de santé et aux médicaments et l’habitat.

• Monsieur le Président,

Les différents acquis obtenus ont nécessité l’appui et l’accompagnement de la communauté internationale.

Cet accompagnement doit se poursuivre dans un « Cadre d’Engagement Mutuel » avec les partenaires internationaux en République Centrafricaine, pour appuyer le Gouvernement et le peuple centrafricain à mettre en œuvre les priorités convenues au niveau national, notamment paix et sécurité, justice et réconciliation, restauration de l’autorité de l’Etat, et développement économique et social.

Notre souhait est que le Cadre d’Engagement Mutuel porte sur les défis immédiats. Les priorités de redressement et de développement à long terme, seront prises en compte dans un cadre de type « New Deal », dont la RCA est un pays pilote.

Le Gouvernement entreprendra une évaluation du relèvement et de la consolidation de la paix avec un appui conjoint des Nations unies, de l’Union Européenne et de la Banque mondiale.
Cette évaluation permettra de formuler un plan d’action national prioritaire de relèvement et de consolidation de la paix qui sera lors de la réunion des donateurs qui sera organisée par l’Union européenne à Bruxelles en novembre 2016.

Voilà, Monsieur le Président, les sujets que j’ai tenu à exposer devant le Conseil de Sécurité et j’émets le vœu de voir toute la communauté internationale apporter son soutien aux actions inscrites dans l’agenda du relèvement de la République Centrafricaine.

Je vous remercie.

abangui

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