Douanes: la gouvernance en mode « Touadéra » mise à l’épreuve

Douanes: la gouvernance en mode « Touadéra » mise à l’épreuve

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Ce qui actuellement se passe à la direction générale des Douanes à Bangui est très symptomatique de la gestion déjà “clanique” du pays par le nouveau pouvoir

Il y a une semaine, la passation de service entre Rachel Ngakola la désormais ex DG du service des Douanes, et son successeur Frédéric Théodore Inamo fut assez, et c’est le moins que l’on puisse dire, assez rocambolesque. Car il aura fallu le recours des services de la Gendarmerie pour briser les verrous de son bureau afin que le nouveau locataire puisse entrer en fonction.

Ceci était l’information brute, sans les en-dessous préalable de cet imbroglio.

Que s’est-il vraiment passé ?

Bien avant l’installation au pouvoir de Faustin Touadera, Rachel Ngakola était, déjà, dans le collimateur de l’équipe Touadera, comme persona non grata, la soupçonnant, pour ne pas dire plus, de rouler pour son adversaire malheureux, Anicet Dologuélé, et qu’en conséquence, d’entrée, il n’était pas question qu’elle restât en poste.

Chasse aux sorcières

Un nouveau pouvoir en Centrafrique égale toujours de nouvelles possibilités, et de nouveaux horizons pour des prédateurs pour foncer dans la mangeoire, pourtant bien maigre de la Centrafrique. Et tous les soutiens de Touadera ont faim. Il se devait donc, d’une manière ou d’une autre de les récompenser.

Le plus célèbre de ses soutiens, le très sulfuireux Karim Meckassoua a été récompensé de la manière que l’on sait. Tripatouillages et magouilles, et d’un tour de magie, voici Meckassoua installé au perchoir de l’assemblée nationale.

Et que l’on ne s’y trompe pas, Touadera ne fera rien pour éclairer le peuple sur les conditions obscures de l’arrivée de Meckassoua à la tête du parlement. Lui-même étant élu dans des conditions toutes aussi obscures, difficile de ne pas faire autre chose que du « sit-in »– ne rien faire.

Le service des Douanes en RCA, comme partout ailleurs dans le monde est une entité hautement stratégique. Et dans un pays à l’agonie, ne survivant que par le bien vouloir de la communauté internationale, seule la Douane, la seule entité susceptible de renflouer les caisses de l’Etat, et en conséquence de lui donner un minimum de crédibilité est en conséquence au cœur de toutes les avidités.

Rachel Ngakola n’a jamais refusé la passation de service, mais demandait un minimum de temps, afin de mettre les papiers administratifs en ordre pour un transfert d’autorité dans les règles. Car elle ne fut même pas consultée sur la date de la passation de service, cela lui fut imposée. Et préalablement, toute une campagne avait été menée pour la décrédibiliser, par des calomnies publiques infondées – une pratique estampillée Centrafrique – en l’accusant de tous les maux. Aucun élément de preuve n’est venu étayer ces thèses non seulement gratuites, mais diffamatoires. Il fallait juste qu’elle dégage au plus vite pour que de grippe-sous prennent sa place.

Depuis, c’est le grand ménage de la saison des pluies.

Licenciements de fonctionnaires à tour de bras sans justifications administratives, pour les remplacer par d’autres plus dociles. Déplacements d’autres ‘ailleurs’ et surtout loin du prometteur juteux service des Douanes. Rachel Ngakola à maintes reprises avait anticipé ces manœuvres mafieuses en les dénonçant, mais personne n’y prit garde, et nous y sommes. Nous sommes plus que dans des relents fétides du Bozizisme, nous y replongeons à fond. Qui s’en étonnerait ? Avec Faustin TOUADERA, c’est le retour des coups retors, et des magouilles de François Bozizé, son toujours maître à penser.

abangui

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